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Oeuvre ou produit ? Comment faut-il considérer un livre et comment gérer sa présentation ?

Si vous souhaitez soulever une polémique sur un forum dédié aux écrivains, amusez-vous à poser la question « le livre est-il un produit ? » . Vous verrez que ça fonctionne remarquablement bien. Pour leur part, les lecteurs ont répondu depuis longtemps à cette question.

Si votre livre n’offre pas un titre, une couverture et un texte de présentation attrayants, vous aurez beau être présent dans toutes les librairies du monde, vous n’en vendrez pas un seul. On pourra alors, d’une part, le considérer comme un "mauvais produit" et d’autre part s’interroger sur le fait qu’il soit réellement une œuvre. Car qu’est-ce qu’une "œuvre" que personne n’a jamais eu l’occasion d’admirer ?

Ne croyez pas qu’il soit difficile de sortir un livre qui ne réalise pas la moindre vente. C’est si facile que cela se produit tous les jours. Malheureusement, si votre livre ne réalise PAS UNE SEULE vente, il n’a absolument aucune chance d’être découvert, puis aimé ou admiré. Cela reviendra exactement au même que s’il n’avait jamais été publié.

Titre, couverture et texte de présentation

Voyons un exemple de ce qui fonctionne et ne fonctionne pas :

Couverture du livre Koshi IndiaVoici la première couverture que nous avons utilisée pour l’un des livres de notre catalogue. Il s’agissait d’une réédition dont nous avions gardé les principaux éléments.

L’illustration avait été choisie par les auteurs. Il s’agit d’une peinture ancienne représentant un guerrier indien sur son cheval. Raffinée, sobre, esthétique, élégante, elle évoque un univers érudit et subtil avec un brin de mystère qui se prêtait bien au contenu du livre.

On pouvait toutefois lui reprocher d’être peu lisible en petit format. Le fait est que cette présentation n’a permis d’obtenir aucune vente pendant les quinze jours au cours desquels le livre a été affiché sous cette forme.

Deuxième couverture Koshi-IndiaEt voici la seconde couverture utilisée pour ce livre. Vous noterez que le titre a été simplifié et que la mention "Koshi-India", peu parlante pour la plupart des lecteurs a été supprimée.

La photographie a été achetée sur la base de données 123rf.com qui offre des tarifs très raisonnables pour ce type d’exploitation. Elle présente l’avantage d’être extrêmement lisible, même en petit format.

Le texte de présentation a également été revu pour être plus accrocheur et plus explicite.

On ne peut pas dire que cette nouvelle présentation ait fait de ce livre un "best-seller", mais elle a permis de déclencher des ventes dès le premier jour de sa mise en ligne. Dès lors, son contenu a pu être apprécié de certains lecteurs et ce livre a obtenu sa chance de séduire son public.

Parce qu’un livre représente d’une certaine façon son auteur, il est facile - dans le cadre d’une autoédition - de se laisser influencer par un grand nombre de critères subjectifs au moment du choix de la couverture. Ne tombez pas dans ce piège. La question essentielle qui doit déterminer votre choix est : "Cette couverture est-elle capable d’interpeller le lecteur au point de lui donner envie de lire le texte de présentation ? " Et si vous pensez avoir atteint ce premier objectif, demandez-vous ensuite : "Le texte de présentation donne-t-il envie de lire le livre ? " Alors, et seulement alors, votre manuscrit obtiendra sa chance de rencontrer le public et d’être apprécié pour ce qu’il est.

Thème et contenu du livre

J’ai le sentiment d’aborder un sujet encore plus polémique dans ce second chapitre qui touche à la question " faut-il écrire dans le but de plaire au lecteur ? " Je dois cependant rappeler qu’un livre n’est en principe qu’un outil de communication !

Lorsque nous parlons à quelqu’un, nous ne faisons pas que choisir notre vocabulaire avec soin : nous évitons également de mâcher nos mots ou de murmurer nos phrases au point d’être inaudible. En toute logique, le style que nous adoptons pour notre livre, et même le thème que nous abordons à travers lui, doivent également tenir compte du public auquel nous nous adressons.

« Il est beaucoup plus difficile de plaire au large public qu’à un groupe de soi-disant arbitres des élégances. Faire simple et clair réclame beaucoup plus de travail que de faire grandiloquent, incompréhensible, et rempli de sous-entendus que l’auteur est le seul à connaître. »

Bernard Werber 

Au-delà des maladresses classiques que n’importe quel auteur peut commettre bien malgré lui, la difficulté la plus courante réside probablement dans l’objectif sous-jacent qui a motivé l’écriture du livre. Si nous écrivons dans le but d’être admirés, notre livre ne se vendra probablement jamais. Si nous écrivons dans le but de plaire, d’étonner, d’amuser, de séduire, d’être utile… bref, si nous écrivons dans le but d’offrir quelque chose aux lecteurs, alors notre livre a toutes ses chances. Cela semble évident ? Ça l’est sans aucun doute. Et pourtant… Les livres qui manquent de générosité sont si nombreux !

La compétence, l’érudition, la finesse d’esprit et l’originalité sont admirables.Alors, méfions-nous-en ! Ces immenses qualités apportent sans le moindre doute un "plus" appréciable aux grandes œuvres. Mais elles ne sont que des cerises sur le gâteau. Ne laissons pas les arbres nous cacher la forêt : ces qualités ne peuvent suffire à faire de notre livre un sujet d’intérêt. Elles sont même tout à fait optionnelles pour séduire un large public. Et de qualités, elles se transforment en graves défauts si nous ne les mettons en avant que dans le but de nous attirer de l’admiration et de la reconnaissance.

La simplicité, la capacité de toucher le lecteur, de l’émouvoir, d’être proche de ses désirs et de ses aspirations ne sont pas moins respectables que l’érudition, l’originalité et la finesse d’esprit. Et elles sont bien plus à même d’offrir le succès. Le langage du cœur a bien plus de force que celui de l’esprit et les sentiments sont bien plus puissants que les idées. Encore des évidences ? Sans doute, mais elles sont souvent oubliées. Dans les livres et les sites consacrés à l’écriture, il n’en est pas un qui oublie de parler de la construction de l’intrigue et de l’agencement des idées. Mais combien d’entre eux nous parlent de la trame émotionnelle et sentimentale (voire même spirituelle) qui devrait toujours être à la base d’un roman ?